C’est sur un groupe de volontaires fatigué que se lève le soleil mercredi 23 juillet. A peine 6h nous
séparaient du coucher des derniers fêtards qui avaient à cœur de fêter dignement le départ de Ludivine. Malgré tout la journée débute sans trop de retard et, à l’issue du petit déjeuner, notre
petite troupe se met en route a l’exception de Mickael qui se remet difficilement de la soirée de la veille.
Sur le chantier, le travail progresse lentement mais surement, les costras s’accumulant au fond de la salle
à une vitesse régulière. A midi 30 nous n’avons plus que 4 sacs de ciment à utiliser pour les prochains jours avant d’avoir complètement terminé. Aussi avons-nous amplement mérité notre repas qui
sera double. D’un coté nous avons droit a du riz préparer par les volontaire et de l’autre de la pate gentiment offerte par l’une de nos voisines. Une bonne nouvelle n’arrivant seule j’apprends
également que cette dernière veut devenir ma femme. Je suis comblé ! Une fois l’estomac remplis, c’est le temps des discours. En effet Ludivine va nous quitté dans quelque heures et la fin
du repas constitue une occasion propice pour se dire quelque mots. Ludivine nous lot un touchant message d’au revoir tandis que Pascal la salue a son tour avec une histoire de trou à remplir que
je n’ai pas très bien comprise, une histoire de pomponnage peut être !
Bref finalement le temps des derniers adieux arrive et c’est avec émotion que Vincent remet à Ludivine un
foulard scout dédicacé. Nous la regardons s’en aller vers d’autres horizons accompagnés de Franck et d’une biquette qui ont pris place avec elle dans le taxis-brousse. Une rapide sieste plus tard
nous nous dirigeons vers le terrain de foot pour organiser un match Yovo / Ameibo. Très rapidement les Yovo prennent le large score en inscrivant 5 buts d’affilé. Mais la tendance, s’inverse les
Yovo étant surement victimes de trop nombreuses cigarettes fumées et du retour en face du goal ameibo, Coco. Ce sont finalement les ameibo s’imposent âpres un match intense riche en but et en
chutes.
La fin de la journée se déroulera normalement : un diner constitué de riz et de pate puis une soirée
quartier libre qui permettra a chacun de se reposer.
Aujourd'hui c'est notre dernier jour de chantier et il faut encore fabriquer une centaine de caustras. Les maçons s'occupent de monter les caustras sur les murs pendant que d'autres les taillent au
coupe-coupe. Il fait chaud et beau et nous sommes motivés pour finir le chantier en beauté. Salomon, Manu et Kodjo sont de la partie même si ces deux derniers sont plus occupés à jouer dans les
bancs empilés et à poser pour les photos !
Au retour du chantier, une mauvaise surprise nous attend puisque les portables de Mika et Robin ainsi que 5000 francs CFA ont disparu. Immédiatement après la découverte, le chef des jeunes du
village, accompagné de deux autres notables, nous rejoint pendant le repas et nous annonce qu'il connaît l'identité du voleur, qu'il est parmi nous mais qu'il lui laisse jusqu'au coucher du
soleil pour remettre tous les objets volés à un endroit où nous pourrions les retrouver. Nous sommes tous stupéfaits, cela paraît plus qu'invraisemblable qu'un de nos amis togolais, avec qui nous
avons passé trois semaines, puisse nous voler. Les notables se sentent très concernés car ils estiment que si le vol n'est pas réparé, c'est le village tout entier qui sera déshonoré. Le chef des
jeunes nous explique qu'il a utilisé la magie noire pour trouver le coupable et que s'il le faut il utilisera cette méthode pour nous interroger un par un. Pendant toute cette journée nous avons
compris à quel point les coutumes togolaises étaient différentes des notres. Les portables (mais pas l'argent) sont retrouvés près de la maison où loge les garçons. Manque de chance, la voisine a
vu le voleur les déposer et nous a immédiatement averti. Nous avons fait comme si nous ne savions pas jusqu'au dîner et à la fin Pascal et le chef des jeunes ont pris Komi à part. Antoine et Coco
l'ont accompagné au conseil du village réuni exceptionnellement en présence également du père de Komi. Pendant ce temps, les autres attendaient le « verdict » dehors. Le temps nous a
paru très long. Nous avons compris ce qu'était la justice ici. A côté du système national, chaque village peut appliquer sa propre sanction. Et celle qui sera décidé ce soir là nous a beaucoup
choqué : Komi devra se présenter le lendemain sur la place publique pour y être « fessé ». Il est renvoyé du chantier et doit faire ses affaires et partir immédiatement.
C'est notre dernier jour à Tsavié ! Nous avons appris ce matin que Komi s'était enfui dans la nuit et qu'en attendant qu'il soit repris c'est le chef des jeunes du village voisin qui sera à sa
place en prison car c'était lui qui devait le garder jusqu'à ce matin.
Nous passons une bonne partie de la matinée à ranger nos chambres. Nous avons passé 3 semaines dedans alors c'est un peu le bordel!
Cet après-midi nous avons enfin pu rencontrer les scouts togolais, en
fin plutôt leurs
chefs dont l'un est notre voisin. Nous avons beaucoup discuté avec eux des différences de fonctionnement entre les deux pays. En fait, ici, les scouts sont assimilés à des militaires mais sans
armes. Ils sont souvent responsables de la sécurité dans les rassemblements par exemple et l'un des chefs nous a expliqué que les personnes appartenant au mouvement trouvent toujours du travail.
Ils nous ont appris à faire le salut des scouts togolais et une chanson qu'on a « remixé » : « quand j'étais éclaireur du Togo, j'ai rencontré un compagnon français, en souriant il
me salue et dit : « on se verra bientôt au jamboree ! ». » Il nous l'ont fait répéter une bonne dizaine de fois ! Au moins maintenant on est sûr de la connaître !
Après cette courte rencontre, on a distribué les cadeaux qu'on avait ramené, aux enfants du village. Ça faisait très solennel de les faire rentrer un par un dans le QG pour leur remettre des
scoubidous, ballons, stylos, feuilles et autres fournitures. Ils avaient tous l'air contents et nous l'étions avec d'avoir pu leur faire plaisir.
Pendant ce temps, Hadrien, le président de l'AMECAA en France et deux de ses amis Léa et Hugo sont arrivés à Tsavié et nous avons pu faire leur connaissance. Le courant est tout de suite très
bien passé.
Pour notre dernière soirée, nous nous sommes rendus à notre cher maquis de Tsavié. La soirée fût mémorable. En attendant la musique, on a joué dehors avec les enfants. La plupart des jeunes du
village étaient présents pour cette ultime soirée. On a beaucoup dansé, beaucoup ri. Le départ n'en est que plus dur!
Ce matin, on s'est activé comme des fourmis pour tout ranger et nettoyer. On a offert à Salomon, Christophe et Barthélémy des foulards scouts avec des mots écrits dessus. On a pris des photos
avec tous nos amis et les enfants pour avoir un dernier souvenir.
Après notre dernier repas au QG, qui fut frugal vu qu'il ne restait que quelque
s pâtes, les habitantes du village nous avait organisé une cérémonie d'adieu. Cela nous a beaucoup touché. Malheureusement tout le monde n'a pas pu y participé
notamment Vincent qui ne se sentait pas dans son assiette. Elles ont commencé par les filles. Elle nous ont maquillé le visage avec une sorte de peinture blanche et habillé avec des pagnes
et des bijoux. Ensuite on a dansé au son du djembé. Toutes les femmes étaient maquillées et habillées avec des couleurs très vives comme de coutume au Togo. Cette marque d'affection nous a
énormément émue. Les garçons ont ensuite été habillés et ont dansé. Antoine nous a encore fait une démonstration de ses incroyables talents de danseur...
C'est à présent le départ et on a du mal à s'y résoudre. La mère du petit Emmanuel voulait le cacher pour lui éviter d'être trop triste mais finalement elle nous a laissé lui faire un dernier
calin. On embrasse très fort tout le monde en se disant qu'on reviendra (on l'espère vraiment). Toute la petite troupe nous accompagne jusqu'au mini-bus. Les adieux sont déchirants. C'est
difficile de quitter ces personnes, ces enfants, cet endroit que nous avons aimés. On a du mal à retenir nos larmes sur le trajet vers Lavié.
Quinze minutes plus tard, les yeux encore brillants, nous retrouvons les volontaires de Lavié. Nous allons visiter leur chantier qui se situe à flanc de colline. Nous sommes tous impressionnés
par le travail qu'ils ont abattu en 3 semaines. Ils ont construit près de 30 marches pour gravir la colline. Les paysages arrivés en haut sont magnifiques.
Certains rentrent se reposer pendant que d'autres se baladent dans le village. Vincent est très malade, il a des poussées très fortes de fièvre et nous avons décidé de l'emmener à la clinique
demain.
Tout le monde discute sous l'auvent de la maison des volontaires de Lavié pendant que la pluie tombe des trombes. Quel dommage, ils avaient passé la semaine à préparer le feu de camp pour ce
soir. Le dîner est long à préparer mais ce n'est pas grave car on peut chanter, se raconter des blagues tous ensemble. Pour l'occasion, Victor a même revêtu un superbe habit traditionnel.
Après le repas, la pluie s'étant un peu calmée, tout le monde s'est réuni autour de l'énorme feu de camp pour danser et jouer du djembé. Malheureusement la pluie a repris de plus belle. Certains
sont donc allés se coucher pendant que d'autres finissaient la soirée en discutant sur la terrasse.
Après une bonne grasse matinée, ce qui ne nous était pas arrivé depuis longtemps, nous découvrons qu'il pleut encore énormément. Il a plu toute la nuit et des ruisseaux se sont formés autour de
la maison. On craint de ne pouvoir partir aujourd'hui car la route est trop glissante. Heureusement, on finit par trouver des voitures au bord de la route. Nous voyageons vers Kpalimé entassés
les uns sur les autres, mais on finit par s'y habituer.
Arrivés à Kpalimé, nous nous installons dans la maison de l'AMECAA où Victor et Hadrien ont accepté qu'on loge pendant quelques jours.
Durant l'après-midi chacun vaque à ses occupations : certains vont au cyber, d'autres font un tour en ville, d'autres encore jouent aux cartes ou à l'awalé.
Ce soir nous avons été invité chez Folly pour manger la pâte. Nous le rejoignons donc chez lui avec Antoine et Kokou. Nous sommes heureux de nous retrouver après le chantier et puis on fête aussi
la dernière soirée d'Antoine avec nous. Après le dîner (la pâte accompagnée d'une super sauce aux épinards), on est d'abord allé au Gomido, le bar d'à côté de la maison d'AMECAA pour boire une
bière puis comme il n'y avait pas de musique, on est allé dans celui d'en face dans lequel on a dansé jusque tard dans la nuit. La soirée s'est finie en beauté par un
plat de spaghetti dans une petite cafet' ouverte 24h/24.